Karona Hoeuy, BLOOMING, 2026 | Huile sur toile, 100 × 100 cm
Après la pluie | After the rain
Curated by Pierre A. Romano of the Modern Art Museum SAR, and Xavier Caillaud of the Alliance Francaise.
Réunissant des artistes français et cambodgiens établis à Siem Reap, Après la pluie explore les thèmes de la nature, du climat et de la renaissance. L’eau constitue le fil conducteur de l’exposition. Elle évoque la transformation, la mémoire et l’espoir. Ces questions ont une portée universelle, mais elles trouvent un écho particulier au Cambodge, où l’eau joue un rôle essentiel dans les paysages, les modes de vie et les équilibres naturels. À travers la peinture, la sculpture et la photographie, les artistes présentent leur regard sur les changements environnementaux, la résilience face aux crises et la relation entre l’Homme et la nature. La diversité des œuvres et des parcours crée un dialogue entre des sensibilités françaises et cambodgiennes. Chaque artiste propose sa propre interprétation du thème et invite le public à réfléchir aux transformations de notre environnement. L’exposition est placée sous le parrainage de Sary Nou, artiste cambodgien reconnuet formé à l’École supérieure d’art et design de Saint-Étienne, dont le parcours et le travail font écho au dialogue franco-cambodgien porté par Après la pluie.
In the 1950s and 1960s, Cambodia entered another remarkable period of cultural flourishing under King Norodom Sihanouk. The country experienced a creative renaissance marked by extraordinary achievements in music, cinema, dance, architecture, and the visual arts. While the School of Cambodian Arts, founded in 1917 under King Sisowath, was originally established to preserve and promote traditional Khmer artistic practices, this period saw the expansion and modernization of arts education through what became the Royal University of Fine Arts. Artists studying painting during this era were encouraged to engage deeply with Khmer cultural identity, direct observation from nature, and representational realism. Landscape painting emerged as a favored subject, with artists depicting rivers and waterfalls, rice fields, temples, and rural life with great technical skill and reverence.
Hoeuy Karona, Blooming, 2026, Acrylique sur toile, 100 × 100 cm
Dans Blooming, Hoeuy Karona explore le rapport entre mémoire, perte et renouveau. Les feuilles sèches représentent les personnes, les moments et les souvenirs qui appartiennent au passé, tandis que la fleur qui pousse à travers elles symbolise ce qui demeure vivant. À l’image de la nature après la pluie, l’artiste voit dans les épreuves les conditions d’une nouvelle croissance. L’œuvre évoque ainsi l’acceptation du passé, la transformation et la possibilité de fleurir à nouveau.
In Blooming, Hoeuy Karona explores the relationship between memory, loss, and renewal. The dry leaves represent people, moments, and memories that belong to the past, while the flower growing through them
symbolises what remains alive. Like nature after the rain, the artist sees difficult experiences as conditions for new growth. The work reflects on accepting the past, transformation, and the possibility of blooming again.
Bonrotanak Rith, Generational Flow, 2026, Acrylique, techniques mixtes, 70 × 90 cm
Inspirée de la symbolique bouddhiste du lotus, Generational Flow associe la fleur à la transmission entre générations. Les mains qui composent ses pétales évoquent les gestes transmis au fil du temps, tandis que l’eau
rappelle les rituels khmers de bénédiction, de gratitude et de transmission. Le lotus devient ainsi le symbole d’une tradition qui continue de s’élever et de se renouveler.
Inspired by the Buddhist symbolism of the lotus, Generational Flow connects the flower with the transmission of tradition across generations. The hands forming its petals evoke gestures passed down through time,
while water recalls Khmer rituals of blessing, gratitude, and transmission. The lotus thus becomes a symbol of a tradition that continues to rise, evolve, and renew itself.
Eric Bruni, Puits de lumière, 2026, Huile sur toile, 100 × 100 cm
Dans sa pratique picturale, Eric Bruni explore la nature comme le miroir de son attachement aux terres qu’il habite. Installé au Cambodge, il
s’intéresse particulièrement à la puissance cyclique de la pluie. Puits de lumière représente cet instant suspendu où les nuages de la mousson se déchirent pour laisser apparaître une lumière salvatrice, évoquant le
renouveau et l’équilibre retrouvé après la tempête.
In his painting practice, Eric Bruni explores nature as a reflection of his deep connection to the lands he inhabits. Living in Cambodia, he is
particularly interested in the cyclical power of rain. Puits de lumière captures the suspended moment when the monsoon clouds part to reveal a saving light, evoking renewal and the balance restored after the storm.
Remi Abad, Une rivière qui brille, 2022,
Photographie sur aluminium Dibond, 90 × 60 cm
À Kompong Phluk, sur les berges du Tonlé Sap, une forte pluie de mousson vient de s’abattre sur le village. Alors que le niveau du Grand Lac continue de monter, une habitante balaie imperturbablement la rue, comme elle le ferait pendant la saison sèche. Cette scène à la fois quotidienne et surréaliste témoigne de la manière dont les habitants composent avec les rythmes de l’eau et des saisons.
In Kompong Phluk, on the shores of Tonlé Sap, a heavy monsoon rain has just fallen over the village. As the water level of the Great Lake continues to rise, a resident calmly sweeps the street, just as she would during the dry season. This both ordinary and surreal scene reflects how local communities adapt to the rhythms of water and the seasons.
Bruno Levy Truffert, Anandasana Après la pluie, 2026, Acrylique sur toile, 60 × 90 cm
Cette œuvre s’inspire de l’iconographie d’Anandasana, représentant Vishnu méditant sous le serpent Ananta après la tempête déclenchée par Shiva. Bruno Levy Truffert revisite cette scène mythologique à travers une interprétation contemporaine, où le calme retrouvé après la tempête devient un moment de méditation et de renouveau.
This work draws on the iconography of Anandasana, depicting Vishnu meditating beneath the serpent Ananta after the storm unleashed by Shiva. Bruno Levy Truffert revisits this mythological scene through a contemporary interpretation, where the calm that follows the storm becomes a moment of meditation and renewal.
Rith Hom, The Hardest Worker Under the Water, 2026, Aquarelle, 31 × 41 cm
À travers le symbole du lotus, Rith Hom explore la transformation qui suit la pluie et la capacité de la nature à renaître après l’épreuve. Si la fleur est visible à la surface de l’eau, son véritable parcours se déroule dans l’obscurité, depuis la boue jusqu’à la lumière. L’œuvre évoque ainsi la persévérance, la résilience et l’espoir qui naissent souvent loin des regards.
Through the symbol of the lotus, Rith Hom explores the transformation that follows rain and nature’s ability to recover after hardship. While the flower is visible on the surface of the water, its true journey takes place beneath it, rising from the mud towards the light. The work evokes perseverance, resilience, and hope—qualities that often grow unseen.
Ranuth Yun, The Returning, 2023,
Photographie, 40 × 60 cm
Cette photographie capture le calme qui suit une forte pluie tropicale, lorsque les ruines d’un ancien temple et la nature environnante semblent retrouver une profonde harmonie. Les racines d’un arbre immense enveloppent les pierres anciennes, tandis qu’un jeune moine se tient silencieusement à l’entrée du temple. Cet instant évoque un nouveau départ, où l’homme retrouve naturellement sa place au sein d’une nature en perpétuel renouvellement.
This photograph captures the calm that follows a heavy tropical rainstorm, when ancient temple ruins and surrounding nature return to a state of harmony. The roots of a vast tree embrace the weathered stones, while a
young monk stands quietly at the temple entrance. This moment evokes a new beginning, where humanity naturally finds its place within a constantly renewing natural world.
Sary Nou, Coconuts Siem Reap, 2019, Acrylique sur toile, 100 × 150 cm
Vincent Broustet, Douve d’Angkor Thom, 2026, Pastel et huile sur carton, 40 × 50 cm
Cette œuvre fait partie d’une série en cours consacrée aux barays, douves, lacs et bassins des environs de Siem Reap. À travers une approche monochrome et minimaliste, Vincent Broustet propose une vision épurée de ces paysages d’eau qui façonnent l’histoire et le territoire d’Angkor.
This work is part of an ongoing series exploring the barays, moats, lakes and ponds surrounding Siem Reap. Through a monochrome and minimalist approach, Vincent Broustet offers a refined vision of these
waterscapes that shape both the history and landscape of Angkor.
Cyril Berthet, Aurus Longarion, 2026,
Bois, cire, pigments minéraux, techniques mixtes, 83 × 67 × 30 cm
Aurus Longarion évoque une espèce rare et protégée, difficile à observer malgré son plumage particulièrement coloré. L’artiste imagine l’animal dans l’un de ses moments les plus singuliers : après les pluies tropicales,
lorsqu’il vient sécher son plumage au soleil, les ailes grandes ouvertes face au vent. L’œuvre célèbre ainsi la rencontre entre pluie, lumière et vie sauvage.
Aurus Longarion evokes a rare and protected species, difficult to observe despite its particularly colourful plumage. The artist imagines the animal in one of its most striking moments: after tropical rainfall, when it dries its
feathers in the sun with its wings spread wide against the wind. The work celebrates the encounter between rain, light, and wildlife.